La semaine passée, mêlé à une foule innombrable, j'étais à l'église Saint-Pierre de Nancy, afin de rendre un dernier et douloureux hommage à Alain Larcan.
Pour ses obsèques il avait souhaité une messe en latin selon la forme traditionnelle de la liturgie de l'Eglise catholique. Durant la célébration, je me suis souvenu de l'époque -- combien lointaine -- au cours de laquelle lui et moi servions les messes de l'abbé Constantin dans la chapelle du Lycée Henri Poincaré. Nous étions en 6me...
Alain avait une année de moins que moi et nous étions dans la même classe. Plus tard, il sauta à nouveau la 4me, prouvant ainsi sa supériorité intellectuelle.
J'ai constamment en mémoire le souvenir de l'attitude préférée d'Alain durant les récréations : alors que nous jouions dans la cour, il était assis sur le muret du cloître, toujours au même endroit, adossé à un pilier, un livre ouvert sur les genoux.
Alain était un élève modèle, 1er en toute matière, même en musique. Il jouait d'ailleurs du violoncelle à l'orchestre du Lycée que j'ai quelques fois évoqué dans mes billets, au même pupitre que Claude Huriet.
Pendant que je suivais une filière musicale, Alain fut le plus jeune agrégé de France en médecine, devenant le célèbre professeur reconnu par tous ses pairs, enseignant à l'Université de Nancy, chercheur prodigieux et infatigable. Il fut à l'origine du Samu, permettant ainsi le sauvetage de milliers de vies...
Nous nous étions retrouvés avec plaisir à l'Académie de Stanislas ; à chacune de nos séances, il intervenait, quelque soit le sujet traité, avec une pertinence admirable, apportant souvent des arguments auxquels le conférencier n'avait pas songé. Son érudition était prodigieuse.
A ses confrères il accordait une amitié cordiale et bienveillante.
Son sourire discret, aimable et prévenant nous manquera désormais...
Arrivé à un certain âge, je m'aperçois que j'ai connu et vécu des événements qui sont, pour la plupart, aujourd'hui oubliés. Nous ne sommes plus très nombreux dans ce cas.
Musicien et historien de la musique en Lorraine, une grande partie de mon existence fut consacrée à la recherche et à la diffusion des événements musicaux des XVIIe et XVIIIe siècles à Metz et à Nancy. Pour cela, j'ai utilisé les très rares témoignages laissés par des observateurs attentifs, et publié les résultats de mes travaux.
Un éditeur avisé et courageux n'a pas hésité à imprimer, sous ma signature, plusieurs ouvrages, dont certains font aujourd'hui référence. Des périodiques culturels lorrains ont voulu également dévoiler mes trouvailles et mes souvenirs.
Aujourd'hui, crise oblige, l'histoire musicale en Lorraine n'intéresse plus les éditeurs, et, lorsqu'une revue me demande un article, je ne puis y inclure mes souvenirs personnels, pourtant devenus rares.
Voilà pourquoi j'ai souhaité créer ce lien entre un chercheur octogénaire et des curieux de l'histoire de la musique en Lorraine. Vous trouverez, racontés ici, des événements musicaux dont je fus le témoin de 1945 à aujourd'hui, mais aussi les résultats de mes dernières recherches sur les XVIIIe et XIXe siècles.
Mes textes étant protégés, je demande aux personnes souhaitant les utiliser, de bien vouloir citer leur auteur.
Gilbert Rose
dimanche 27 mai 2012
mardi 24 avril 2012
L'Hymne Lorrain
Dans quelques jours, à la Maison de Robert Schuman à Scy-Chazelles, va s'ouvrir une exposition organisée par le Conseil Général de la Moselle : Europe en hymnes, des hymnes nationaux à l'hymne européen.
On peut se poser une question : la Lorraine possède-t-elle un hymne ?
Vous allez répondre oui, la Marche Lorraine de Louis Ganne.
Je suis désolé de vous contredire, cette oeuvre, que tous les habitants de notre région connaissent bien, ne répond pas à ma question.
Puisque vous donnez votre langue au chat, je vais vous dévoiler la vérité.
L'Hymne Lorrain a été écrit en 1932 par Félix Chevrier pour les paroles et Georges Lauweryns pour la musique. Illustré d'un dessin en couleur de Paul Colin, il était dédié, en hommage respectueux, à :
Monsieur Albert Lebrun, Président de la République, Lorrain.
Monsieur Raymond Poincaré, ancien Président de la République, Lorrain.
Monsieur le Maréchal Lyautey, Fondateur de l'Empire, Lorrain.
Tous les Grands Français qui sont l'orgueil de notre Lorraine.
Le vendredi 24 juin 1932, le Président de la République et madame Albert Lebrun ont reçu à l'Elysée les auteurs de cette oeuvre, Chevrier et Lauweryns, le peintre Paul Colin, ainsi que les dédicataires.
Vera Peeters, de l'Opéra-Comique, remit à Monsieur Albert Lebrun le premier exemplaire sur japon impérial, de l'Hymne Lorrain écrit en son honneur, avant de l'interpréter, accompagnée au piano par le compositeur.
Quelques jours plus tard, lors de la réception officielle donnée à l'Elysée par le couple présidentiel en l'honneur de la Fête Nationale, l'Hymne Lorrain fut à nouveau chanté par la même interprète.
Aujourd'hui, cet Hymne Lorrain est totalement oublié, ainsi que ses auteurs.Je ne saurais même pas vous dire quel était son style. Quel dommage....
Afin que mes amis de Meuse n'aient pas l'impression (une fois encore) d'être oubliés, je leur signale qu'une version pour piano seul existe sous le titre Les Chardons de Verdun.
On peut se poser une question : la Lorraine possède-t-elle un hymne ?
Vous allez répondre oui, la Marche Lorraine de Louis Ganne.
Je suis désolé de vous contredire, cette oeuvre, que tous les habitants de notre région connaissent bien, ne répond pas à ma question.
Puisque vous donnez votre langue au chat, je vais vous dévoiler la vérité.
L'Hymne Lorrain a été écrit en 1932 par Félix Chevrier pour les paroles et Georges Lauweryns pour la musique. Illustré d'un dessin en couleur de Paul Colin, il était dédié, en hommage respectueux, à :
Monsieur Albert Lebrun, Président de la République, Lorrain.
Monsieur Raymond Poincaré, ancien Président de la République, Lorrain.
Monsieur le Maréchal Lyautey, Fondateur de l'Empire, Lorrain.
Tous les Grands Français qui sont l'orgueil de notre Lorraine.
Le vendredi 24 juin 1932, le Président de la République et madame Albert Lebrun ont reçu à l'Elysée les auteurs de cette oeuvre, Chevrier et Lauweryns, le peintre Paul Colin, ainsi que les dédicataires.
Vera Peeters, de l'Opéra-Comique, remit à Monsieur Albert Lebrun le premier exemplaire sur japon impérial, de l'Hymne Lorrain écrit en son honneur, avant de l'interpréter, accompagnée au piano par le compositeur.
Quelques jours plus tard, lors de la réception officielle donnée à l'Elysée par le couple présidentiel en l'honneur de la Fête Nationale, l'Hymne Lorrain fut à nouveau chanté par la même interprète.
Aujourd'hui, cet Hymne Lorrain est totalement oublié, ainsi que ses auteurs.Je ne saurais même pas vous dire quel était son style. Quel dommage....
Afin que mes amis de Meuse n'aient pas l'impression (une fois encore) d'être oubliés, je leur signale qu'une version pour piano seul existe sous le titre Les Chardons de Verdun.
vendredi 30 mars 2012
Vous avez dit stochastique ?...
Je ne me souviens plus de la date exacte... au début des années 50...
Le directeur des Jeunesses Musicales de France, René Nicoly, avec lequel je travaillais quelquefois, me proposa un rendez-vous. Je m'y suis rendu. Lorsque j'entrai dans son bureau, il bavardait avec un visiteur qu'il me présenta. Je ne compris pas son nom, c'était un compositeur étranger.
Il avait une trentaine d'années et son aspect n'était pas très engageant. Vétu d'un pull taché et légèrement déchiré, son visage était sévère et marqué sur un côté d'une profonde cicatrice. Ce qui m'a frappé plus particulièrement, ce fut son absence totale de sourire...
Par contre, sa voix, fortement accentuée, possédait un timbre doux et chantant.
Nicoly nous proposa une double conférence à donner dans plusieurs villes de l'Est parisien, curieusement intitulée De la flûte à bec à la musique stochastique, avec des exemples musicaux.
Je me souviendrai toujours de la première au Conservatoire de Reims, où nous fûmes reçus par son directeur, mon ami Jacques Murgier. Je commençai la séance par une courte étude sur la musique instrumentale de la Renaissance, avec des illustrations à la flûte à bec.
Puis ce fut le tour du compositeur étranger. Lorsqu'il commença à parler, j'éprouvai les plus grandes difficultés à comprendre ses propos d'où sortaient des formules mathématiques complexes avec lesquelles j'ai toujours été fâché...
Mais quand il fit entendre l'enregistrement d'une de ses oeuvres (Metastasis, pour 61 instruments), je ne pus m'empêcher de penser : "Pauvre homme... il n'a aucune chance...". Le public rémois, si attentif durant ma propre communication, commença à chuchoter, puis, avec une progression rapide, manifesta assez bruyamment sa désapprobation.
Lui, sans s'émouvoir, sans élever la voix, expliquait calmement son parcours et le développement de son oeuvre. On finissait par l'écouter, mais sans comprendre le sens profond de ses propos. Ce fut ainsi à chaque séance...
A l'issue de cette soirée et après plusieurs autres, Iannis et moi avons bavardé. J'ai dit Iannis ? Et bien oui, il s'agit de Iannis Xenakis. Si j'ai tu son nom jusqu'à cette ligne, c'est parce que j'ai crains que vous ne vous moquiez de moi. En effet, mes maîtres, très conservateurs, ne m'avaient pas habitué à la musique de mon temps, laquelle m'était totalement inconnue.
Iannis m'a ouvert les portes d'un monde nouveau de sa voix douce et persuasive. Soir après soir, il m'expliqua comment il pouvait transformer ses sentiments en formules mathématiques, traduisant ensuite ces formules en signes musicaux conventionnels, lesquels, lus et interprétés par des instrumentistes, recréaient l'émotion originelle.
Voila comment j'ai approché la musique contemporaine grâce à laquelle j'ai éprouvé des sentiments nouveaux comme auditeur et comme interprète, car depuis j'ai souvent joué les oeuvres de Iannis Xenakis à la percussion, et l'ai même accompagné jusqu'au Polytope de Mycène en août 1978.
Depuis, Claude Lefebvre a complété mon éducation en me permettant de le seconder dans l'organisation des Rencontres Internationales de Musique Contemporaine de Metz, au cours desquelles les compositeurs les plus talentueux se sont fait entendre, y compris Iannis...
samedi 25 février 2012
De qui se moque-t-on ?
Cette semaine, la télévision retransmettait la remise de récompenses des Victoires de la Musique classique (pourquoi classique, puisqu'on y entend aussi de la musique baroque, romantique et contemporaine ?).
J'ai admiré le machiavélisme primaire avec lequel on a osé comparer une harpiste ne connaissant apparemment pas son texte, un altiste sans doute excellent, ayant choisi la transcription d'un lied de Schubert au tempo trop calme pour pouvoir exprimer ses qualités, et un tubiste transcendant de virtuosité dans une oeuvre d'aujourd'hui éblouissante.
Et cela sous le regard navré du bon Lodéon, relégué, malgré son talent, au rôle secondaire de simple dictionnaire vivant.
Un bon point (tout de même) remarqué dès le début de l'émission, le remplacement de madame Drucker. Mais son successeur est-il mieux choisi ?...
Et puis il y eut de bons moments : l'ardente sonorité de l'Orchestre National d'Ile-de-France, devenant discrète dans les accompagnements, les belles voix des jeunes chanteurs français, et surtout, pour finir la soirée, l'ensemble baroque de Nathalie Stutzmann, le chef aux gestes précis et le contralto au registre émouvant.
Quant à l'autre soirée des Victoires de la Musique (tout court), on en a vraiment peu entendu (de la musique). C'est un concours de criailleries et braillements en tous genres, dignes de ceux de ma concierge lorsqu'on salit ses escaliers ! Ou alors on entend de languissantes mélopées américaines produites par de curieux larinx nettement moins purs que celui du président Obama... lorsqu'il chante.
La langue française n'est utilisée que par les présentateurs..... et encore.
Je sais de qui on se moque.... et vous aussi....
J'ai admiré le machiavélisme primaire avec lequel on a osé comparer une harpiste ne connaissant apparemment pas son texte, un altiste sans doute excellent, ayant choisi la transcription d'un lied de Schubert au tempo trop calme pour pouvoir exprimer ses qualités, et un tubiste transcendant de virtuosité dans une oeuvre d'aujourd'hui éblouissante.
Et cela sous le regard navré du bon Lodéon, relégué, malgré son talent, au rôle secondaire de simple dictionnaire vivant.
Un bon point (tout de même) remarqué dès le début de l'émission, le remplacement de madame Drucker. Mais son successeur est-il mieux choisi ?...
Et puis il y eut de bons moments : l'ardente sonorité de l'Orchestre National d'Ile-de-France, devenant discrète dans les accompagnements, les belles voix des jeunes chanteurs français, et surtout, pour finir la soirée, l'ensemble baroque de Nathalie Stutzmann, le chef aux gestes précis et le contralto au registre émouvant.
Quant à l'autre soirée des Victoires de la Musique (tout court), on en a vraiment peu entendu (de la musique). C'est un concours de criailleries et braillements en tous genres, dignes de ceux de ma concierge lorsqu'on salit ses escaliers ! Ou alors on entend de languissantes mélopées américaines produites par de curieux larinx nettement moins purs que celui du président Obama... lorsqu'il chante.
La langue française n'est utilisée que par les présentateurs..... et encore.
Je sais de qui on se moque.... et vous aussi....
lundi 6 février 2012
Les grandes eaux....
Il y a quelques jours, j'étais à Nancy avec des amis de jeunesse et, au gré de notre conversation, nous évoquâmes l'inondation de la ville en 1947. A ce moment, mes parents demeuraient rue Saint-Georges, près de la Cathédrale.
J'en garde aujourd'hui encore un souvenir d'appétence, vous allez savoir pourquoi.
Le lundi matin 28 décembre, je pris le train pour Paris où je me rendais périodiquement pour y recevoir mes leçons d'alto chez Robert Boulay à Boulogne-Billancourt, et d'écriture chez Francis Casadesus, rue Vauvenargues.
Après mes cours, je passai la soirée dans ma famille parisienne, et le lendemain matin, après un copieux petit-déjeuner, je repris le train pour Nancy.
Je n'avais pas pris garde aux annonces affichées dans la gare de l'Est, aussi fus-je surpris par la lenteur du convoi et les arrêts fréquents en pleine nature, surtout après Châlons-sur-Marne. La campagne et de nombreuses localités étaient inondées par une crue importante de tous les cours d'eau.
Plusieurs itinéraires furent tentés pour joindre Nancy mais en vain. Le train passa même à Metz ! Je me souviens d'un long arrêt en aplomb d'une vaste place totalement inondée, au centre de laquelle se trouvait une voiture submergée et son conducteur debout sur le toit. J'ai su plus tard qu'il s'agissait de la place Mazelle.
Enfin, tard dans la nuit, nous arrivâmes à Nancy. J'étais affamé car depuis le petit-déjeuner de ma tante et sans argent, je n'avais rien mangé de la journée.....
Aussi, en rentrant à la maison, sans éveiller mes parents, je me précipitai dans la cuisine et ouvris le réfrigérateur. Vide ! La cave ! vite la cave où il y a des conserves !
Pas de lumière ? Qu'importe, j'irai dans l'obscurité !
Posant le pied sur la première marche descendante, je le retirai aussitôt, mouillé jusqu'à la cheville !
La cave était entièrement inondée..... Un petit ru traverse ce sous-sol, sortant d'un tunnel et entrant dans un autre après quelques mètres. C'est lui le responsable de notre cave submergée car je sus le lendemain que l'inondation des rues de la ville s'était arrêtée à deux pas de la maison.
Je restai donc affamé jusqu'au matin.....
Pour mon père, la grande perte était sa belle collection de vins de garde... Et bien elle résista !
Mais les étiquettes étaient décollées.....
Pendant longtemps, au cours des repas, mes parents procédèrent à des dégustation dites "à l'aveugle", entraînant d'âpres discutions.
Je crois que c'est de ces instants inoubliables que je reçus ma modeste éducation oenologique.
A quelque chose malheur est bon.......
J'en garde aujourd'hui encore un souvenir d'appétence, vous allez savoir pourquoi.
Le lundi matin 28 décembre, je pris le train pour Paris où je me rendais périodiquement pour y recevoir mes leçons d'alto chez Robert Boulay à Boulogne-Billancourt, et d'écriture chez Francis Casadesus, rue Vauvenargues.
Après mes cours, je passai la soirée dans ma famille parisienne, et le lendemain matin, après un copieux petit-déjeuner, je repris le train pour Nancy.
Je n'avais pas pris garde aux annonces affichées dans la gare de l'Est, aussi fus-je surpris par la lenteur du convoi et les arrêts fréquents en pleine nature, surtout après Châlons-sur-Marne. La campagne et de nombreuses localités étaient inondées par une crue importante de tous les cours d'eau.
Plusieurs itinéraires furent tentés pour joindre Nancy mais en vain. Le train passa même à Metz ! Je me souviens d'un long arrêt en aplomb d'une vaste place totalement inondée, au centre de laquelle se trouvait une voiture submergée et son conducteur debout sur le toit. J'ai su plus tard qu'il s'agissait de la place Mazelle.
Enfin, tard dans la nuit, nous arrivâmes à Nancy. J'étais affamé car depuis le petit-déjeuner de ma tante et sans argent, je n'avais rien mangé de la journée.....
Aussi, en rentrant à la maison, sans éveiller mes parents, je me précipitai dans la cuisine et ouvris le réfrigérateur. Vide ! La cave ! vite la cave où il y a des conserves !
Pas de lumière ? Qu'importe, j'irai dans l'obscurité !
Posant le pied sur la première marche descendante, je le retirai aussitôt, mouillé jusqu'à la cheville !
La cave était entièrement inondée..... Un petit ru traverse ce sous-sol, sortant d'un tunnel et entrant dans un autre après quelques mètres. C'est lui le responsable de notre cave submergée car je sus le lendemain que l'inondation des rues de la ville s'était arrêtée à deux pas de la maison.
Je restai donc affamé jusqu'au matin.....
Pour mon père, la grande perte était sa belle collection de vins de garde... Et bien elle résista !
Mais les étiquettes étaient décollées.....
Pendant longtemps, au cours des repas, mes parents procédèrent à des dégustation dites "à l'aveugle", entraînant d'âpres discutions.
Je crois que c'est de ces instants inoubliables que je reçus ma modeste éducation oenologique.
A quelque chose malheur est bon.......
dimanche 15 janvier 2012
Le Maître d'école...
Cette semaine, avec de nombreux amis, j'ai eu la grande peine d'assister aux obsèques d'un compagnon académicien, André Michel.
Notre président prononça des propos émouvants, évoquant la longue vie, les nombreuses actions et les belles qualités du confrère regretté ; le docteur Jouffroy rappela que notre ami disparu avait débuté sa vie active en qualité d'enseignant en école primaire.
J'ai alors pensé à un autre instituteur ayant appartenu également à notre compagnie, parti depuis bientôt dix ans, et pour lequel André Michel avait prononcé l'éloge, édité dans nos Mémoires de 2002.
Il s'agit de Jean Morette, jamais oublié, qui aimait à dire qu'il était maître d'école, titre auquel il tenait beaucoup. Et comme un authentique maître d'école d'antan, savait se pencher avec gentillesse et attachement vers les enfants qu'il éduquait, devinant ce qu'ils espéraient sans oser le dire, ce qu'ils demandaient en silence. Pour eux il a inventé mille accessoires pédagogiques grâce auxquels, émerveillés, ses jeunes disciples découvraient les mystères du langage, des sciences ou des arts, mieux qu'avec les plus savants manuels scolaires.
Il voulait, je le cite, leur donner des leçons de droiture, de courage et de patriotisme. Surtout, il leur a ouvert l'esprit sur toutes les Choses de la Nature.
Jean Morette était aussi un conteur et un artiste exceptionnels ; ses dessins sont et resteront inimitables. Il leur a consacré les plus précieuses minutes de sa vie. Durant les heures les plus graves, les plus douloureuses, au milieu d'une détresse infinie, il n'a cessé de dessiner, sur n'importe quel support, pourvu que le crayon y marque ce que ses yeux découvraient, ce que son âme contemplait. C'était durant sa captivité de 1940 à 1942.
Sa collaboration au Républicain Lorrain avec Victor Demange d'abord puis Marguerite Puhl-Demange, aura permis à tous les enfants des lecteurs, même ceux qui ne furent pas ses élèves, de découvrir l'histoire de la Lorraine tout en s'amusant.
La revue Le Pays de l'Orne a évoqué Jean Morette dans son numéro de novembre dernier, et L'Espace Education, Art et Culture de Moselle, organise la semaine prochaine, une exposition de ses oeuvres, l'associant à Albert Thiam.
Mercredi 18, une conférence est organisée par le CDDP de Moselle sur ces deux artistes. J'ai voulu m'y inscrire, malheureusement il n'y a plus de place disponible.
Dommage.... je resterai chez moi en pensant aux heureux moments partagés avec mes chers confrères André Michel et Jean Morette, mon ami....
Notre président prononça des propos émouvants, évoquant la longue vie, les nombreuses actions et les belles qualités du confrère regretté ; le docteur Jouffroy rappela que notre ami disparu avait débuté sa vie active en qualité d'enseignant en école primaire.
J'ai alors pensé à un autre instituteur ayant appartenu également à notre compagnie, parti depuis bientôt dix ans, et pour lequel André Michel avait prononcé l'éloge, édité dans nos Mémoires de 2002.
Il s'agit de Jean Morette, jamais oublié, qui aimait à dire qu'il était maître d'école, titre auquel il tenait beaucoup. Et comme un authentique maître d'école d'antan, savait se pencher avec gentillesse et attachement vers les enfants qu'il éduquait, devinant ce qu'ils espéraient sans oser le dire, ce qu'ils demandaient en silence. Pour eux il a inventé mille accessoires pédagogiques grâce auxquels, émerveillés, ses jeunes disciples découvraient les mystères du langage, des sciences ou des arts, mieux qu'avec les plus savants manuels scolaires.
Il voulait, je le cite, leur donner des leçons de droiture, de courage et de patriotisme. Surtout, il leur a ouvert l'esprit sur toutes les Choses de la Nature.
Jean Morette était aussi un conteur et un artiste exceptionnels ; ses dessins sont et resteront inimitables. Il leur a consacré les plus précieuses minutes de sa vie. Durant les heures les plus graves, les plus douloureuses, au milieu d'une détresse infinie, il n'a cessé de dessiner, sur n'importe quel support, pourvu que le crayon y marque ce que ses yeux découvraient, ce que son âme contemplait. C'était durant sa captivité de 1940 à 1942.
Sa collaboration au Républicain Lorrain avec Victor Demange d'abord puis Marguerite Puhl-Demange, aura permis à tous les enfants des lecteurs, même ceux qui ne furent pas ses élèves, de découvrir l'histoire de la Lorraine tout en s'amusant.
La revue Le Pays de l'Orne a évoqué Jean Morette dans son numéro de novembre dernier, et L'Espace Education, Art et Culture de Moselle, organise la semaine prochaine, une exposition de ses oeuvres, l'associant à Albert Thiam.
Mercredi 18, une conférence est organisée par le CDDP de Moselle sur ces deux artistes. J'ai voulu m'y inscrire, malheureusement il n'y a plus de place disponible.
Dommage.... je resterai chez moi en pensant aux heureux moments partagés avec mes chers confrères André Michel et Jean Morette, mon ami....
lundi 12 décembre 2011
Le nu et le lyrique....
Il arrive que -- dans certains rôles -- les artistes lyriques doivent se dénuder en scène. Dans Thaïs de Massenet, par exemple, au 2d acte la courtisane montre sa poitrine au moine Athanaël pour le provoquer.
Toujours au 2d acte, mais dans La belle Hélène d'Offenbach, la reine tombe dans les bras de Pâris en laissant glisser son seul vêtement...
Dans Salomé de Richard Strauss, la danse des Sept Voiles permet à l'héroïne de terminer son ballet.... sans aucun voile...
Dans certaines chorégraphies du Canadien Harold Rhéaume, on voit des hommes entièrement dévêtus, alors que Maguy Marin déshabille toute sa troupe dans une de ses créations.
L'extrême audace en ce domaine a été atteinte à Bayreuth il y a quelques années dans l'oeuvre de Wagner, Tannhauser. Au 1r acte, dans la scène du Venusberg, on a vu un homme entièrement nu, exposant une superbe érection, traverser lentement et fièrement le plateau, de la cour au jardin, au milieu de la bacchanale effrénée dédiée à la déesse Vénus.
Le public a assez passivement accepté cette provocation du metteur en scène, sauf une vieille dame, ayant amené sa petite-fille de 13 ans à une représentation, et qui ne savait que répondre aux questions de la gamine intriguée.
La première prima donna qui osa entrer en scène les seins nus, fut Mlle Guerin, à Paris, en 1827....
Vous me croirez si vous le voulez, elle a été sifflée !
Quelle goujaterie.......
Toujours au 2d acte, mais dans La belle Hélène d'Offenbach, la reine tombe dans les bras de Pâris en laissant glisser son seul vêtement...
Dans Salomé de Richard Strauss, la danse des Sept Voiles permet à l'héroïne de terminer son ballet.... sans aucun voile...
Dans certaines chorégraphies du Canadien Harold Rhéaume, on voit des hommes entièrement dévêtus, alors que Maguy Marin déshabille toute sa troupe dans une de ses créations.
L'extrême audace en ce domaine a été atteinte à Bayreuth il y a quelques années dans l'oeuvre de Wagner, Tannhauser. Au 1r acte, dans la scène du Venusberg, on a vu un homme entièrement nu, exposant une superbe érection, traverser lentement et fièrement le plateau, de la cour au jardin, au milieu de la bacchanale effrénée dédiée à la déesse Vénus.
Le public a assez passivement accepté cette provocation du metteur en scène, sauf une vieille dame, ayant amené sa petite-fille de 13 ans à une représentation, et qui ne savait que répondre aux questions de la gamine intriguée.
La première prima donna qui osa entrer en scène les seins nus, fut Mlle Guerin, à Paris, en 1827....
Vous me croirez si vous le voulez, elle a été sifflée !
Quelle goujaterie.......
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