J'ai promis de raconter certaines mésaventures non souhaitées, se produisant inopinément lors de représentations lyriques. Je n'ai pas vécu celle-ci, je l'ai lue dans un journal autrichien de l'époque.
En décembre 1875, Richard Wagner fit représenter son Tannhaüser à l'Opéra impérial de Vienne.
Au cours du second tableau de l'oeuvre, de retour du Venusberg, Tannhaüser, traversant la forêt du Wartburg, y rencontre le Landgraf Herman et ses chevaliers Wolfram, Walther et leur suite. Ceux-ci, revenant de la chasse, entraient en scène à cheval, suivis d'une nombreuse meute de chiens.
En mettant pied-à-terre, l'un d'eux eut la maladresse de poser le pied sur la patte d'un des molosses, lequel écoutait pacifiquement la musique du maître.
Hurlant de douleur, la pauvre bête fut immédiatement imitée par ses congénères et ce fut un concert de hurlements et aboiements furibonds qui ne s'acheva qu'après de très longues minutes, sous les éclats de rire du public.
J'ignore comment on parvint à faire taire la meute, mais à la représentation suivante, elle avait mystérieusement disparue....
Aujourd'hui, on supprime également les chevaux,... sans doute de peur qu'ils hennissent....
Arrivé à un certain âge, je m'aperçois que j'ai connu et vécu des événements qui sont, pour la plupart, aujourd'hui oubliés. Nous ne sommes plus très nombreux dans ce cas.
Musicien et historien de la musique en Lorraine, une grande partie de mon existence fut consacrée à la recherche et à la diffusion des événements musicaux des XVIIe et XVIIIe siècles à Metz et à Nancy. Pour cela, j'ai utilisé les très rares témoignages laissés par des observateurs attentifs, et publié les résultats de mes travaux.
Un éditeur avisé et courageux n'a pas hésité à imprimer, sous ma signature, plusieurs ouvrages, dont certains font aujourd'hui référence. Des périodiques culturels lorrains ont voulu également dévoiler mes trouvailles et mes souvenirs.
Aujourd'hui, crise oblige, l'histoire musicale en Lorraine n'intéresse plus les éditeurs, et, lorsqu'une revue me demande un article, je ne puis y inclure mes souvenirs personnels, pourtant devenus rares.
Voilà pourquoi j'ai souhaité créer ce lien entre un chercheur octogénaire et des curieux de l'histoire de la musique en Lorraine. Vous trouverez, racontés ici, des événements musicaux dont je fus le témoin de 1945 à aujourd'hui, mais aussi les résultats de mes dernières recherches sur les XVIIIe et XIXe siècles.
Mes textes étant protégés, je demande aux personnes souhaitant les utiliser, de bien vouloir citer leur auteur.
Gilbert Rose
dimanche 27 novembre 2011
lundi 21 novembre 2011
L'égalité des sexes en musique.
Périodiquement, dans la presse, il est question de la regrettable inégalité de salaire entre femmes et hommes. C'était le cas ce matin dans mon quotidien.
Dans ma profession de musicien, ce problème n'a jamais existé...
Lorsqu'un poste se libère dans un orchestre ou un conservatoire, un concours est ouvert, au cours duquel les lauréats interprètent sur leur instrument et derrière un paravent, les morceaux de musique imposés.
Le meilleur instrumentiste est admis par le jury, quelque soit son sexe. Comme le montant du traitement est indiqué au préalable sur l'avis de concours, il est automatiquement appliqué au lauréat reçu, homme ou femme.
Aujourd'hui, dans les orchestres, l'équilibre des genres existe dans tous les pupitres. Mais je me souviens qu'à mon arrivée à Metz en 1950, il n'y avait que trois femmes à l'Orchestre du Conservatoire, alors qu'à l'orchestre de la Radio de Sarrebruck, il n'y en avait aucune, même pas à la harpe.
Par contre, à mes débuts à Nancy, il existait déjà une certaine parité parmi les cordes. Un peu plus tard, dans ce même orchestre, tous les violonistes était des femmes,.... sauf Lionel.
Je tiens à vous rassurer, il ne gagnait pas moins que ses partenaires féminines.....
Dans ma profession de musicien, ce problème n'a jamais existé...
Lorsqu'un poste se libère dans un orchestre ou un conservatoire, un concours est ouvert, au cours duquel les lauréats interprètent sur leur instrument et derrière un paravent, les morceaux de musique imposés.
Le meilleur instrumentiste est admis par le jury, quelque soit son sexe. Comme le montant du traitement est indiqué au préalable sur l'avis de concours, il est automatiquement appliqué au lauréat reçu, homme ou femme.
Aujourd'hui, dans les orchestres, l'équilibre des genres existe dans tous les pupitres. Mais je me souviens qu'à mon arrivée à Metz en 1950, il n'y avait que trois femmes à l'Orchestre du Conservatoire, alors qu'à l'orchestre de la Radio de Sarrebruck, il n'y en avait aucune, même pas à la harpe.
Par contre, à mes débuts à Nancy, il existait déjà une certaine parité parmi les cordes. Un peu plus tard, dans ce même orchestre, tous les violonistes était des femmes,.... sauf Lionel.
Je tiens à vous rassurer, il ne gagnait pas moins que ses partenaires féminines.....
lundi 14 novembre 2011
Encore une histoire de cloches
Hier soir, sur Arte, j'ai écouté et admiré un remarquable harpiste. J'ai bien dit "un". On est habitué à ne voir derrière cet instrument éolien, que de "jeunes personnes", comme on disait jadis pour désigner des demoiselles. Si bien qu'aujourd'hui, entendre un homme s'exprimer sur une harpe nous semble extravagant.
Il se nomme Xavier de Maistre, est soliste au Philharmonique de Vienne, et joue divinement de son instrument.
Comme pour la profession des secrétaires, la gent féminine a investi celle des harpistes, alors que pour l'un et l'autre de ces états, au XIXe siècle, il n'y avait que des hommes.
L'un de ces harpistes du siècle avant-dernier, fort célèbre dans toute l'Europe, avait pris l'habitude de se produire à Metz entre 1849 et 1861. Il obtenait toujours un grand succès, surtout lorsqu'il jouait son oeuvre très populaire "La danse des Sylphes". Il s'agit de Félix Godefroy (1818-1897), également compositeur et de nationalité belge.
Moderne, il jouait sur une harpe chromatique.
Le 22 février 1856, dans le grand salon de l'Hôtel de Ville de Metz, tandis qu'il interprétait sa pièce orientale "Le réveil des Fées", l'horloge de la ville se fit entendre. D'habitude on stoppait le mécanisme lorsqu'il y avait concert...
Par un hasard extraordinaire, la cloche municipale était dans la tonalité du morceau. Godefroy alors, très habilement, adapta son tempo à celui de l'accompagnement inattendu.
Malheureusement, une modulation obligea le virtuose à interrompre son jeu pendant un court instant, pour éviter des frottements harmoniques trop cacophoniques. Tout cela au milieu des sourires de l'assistance.
Godefroy donna un second concert le 27 février, mais sans le carillon..... Dommage.....
Il se nomme Xavier de Maistre, est soliste au Philharmonique de Vienne, et joue divinement de son instrument.
Comme pour la profession des secrétaires, la gent féminine a investi celle des harpistes, alors que pour l'un et l'autre de ces états, au XIXe siècle, il n'y avait que des hommes.
L'un de ces harpistes du siècle avant-dernier, fort célèbre dans toute l'Europe, avait pris l'habitude de se produire à Metz entre 1849 et 1861. Il obtenait toujours un grand succès, surtout lorsqu'il jouait son oeuvre très populaire "La danse des Sylphes". Il s'agit de Félix Godefroy (1818-1897), également compositeur et de nationalité belge.
Moderne, il jouait sur une harpe chromatique.
Le 22 février 1856, dans le grand salon de l'Hôtel de Ville de Metz, tandis qu'il interprétait sa pièce orientale "Le réveil des Fées", l'horloge de la ville se fit entendre. D'habitude on stoppait le mécanisme lorsqu'il y avait concert...
Par un hasard extraordinaire, la cloche municipale était dans la tonalité du morceau. Godefroy alors, très habilement, adapta son tempo à celui de l'accompagnement inattendu.
Malheureusement, une modulation obligea le virtuose à interrompre son jeu pendant un court instant, pour éviter des frottements harmoniques trop cacophoniques. Tout cela au milieu des sourires de l'assistance.
Godefroy donna un second concert le 27 février, mais sans le carillon..... Dommage.....
lundi 31 octobre 2011
La mémoire revenue....
Depuis quelques semaines je n'évoque plus mes souvenirs. Peut-être pensez-vous que je n'en ai plus.... que je les ai définitivement oubliés....
Non, le temps me manque , tout simplement.
Plus les ans passent, plus je suis sollicité pour effectuer des travaux de recherches liés à mon état de musicologue, de crainte sans doute, que je m'en aille avant d'avoir vidé mon sac mnémonique ou ma boite à Pandore (sans l'Espérance). Et je n'ai plus le temps de me remémorer mes jeunes années.....
Pourtant, depuis un mois, des événements ont fait émerger dans ma mémoire figée, des amis de naguère, oubliés, des actes éphémères sortis de mon esprit depuis longtemps. Je me suis aperçu récemment que des noms perdus pouvaient resurgir brusquement, en un instant aussi fugace qu'inattendu.
Ainsi, à l'Académie Nationale de Metz, mon confrère Ferdinand Stoll a prononcé récemment une communication sur le Théâtre du Peuple de Bussang. Pendant qu'il parlait, des images défilaient dans ma tête et lorsqu'il évoqua la fosse d'orchestre que Maurice Pottecher avait fait construire vers 1929, il y eut un déclic dans ma mémoire.
C'est durant l'été de 1948, chaque dimanche, qu'avec quelques amis de la classe de musique de chambre du conservatoire de Nancy, nous fûmes engagés au Théâtre du Peuple pour interpréter des quatuors entre les actes et les tableaux de la pièce de Maurice Pottecher, jouée et mise en scène par Pierre Richard-Wilm, avec Edwige Feuillère.
J'ai retrouvé le nom de cette comédie :"Mélusine et son mystère". Nous intervenions souvent, car cette pièce est écrite en 3 actes et 10 tableaux. Plusieurs amis de la classe de diction jouaient également sur scène, André Weber, Yvon Prévot et surtout Jacques Maginot, lequel fera partie de la troupe pendant plusieurs décennies.
Je me souviens de mon émoi en rencontrant Pierre Richard-Wilm, héros du film Le Comte de Monte-Christo, qui avait tant bouleversé mon enfance. Mon émoi se transforma en admiration lorsque je l'entendis jouer au piano : c'était tout simplement sublime. Quel artiste ! oublié lui aussi...
Merci, Monsieur Ferdinand Stoll d'avoir ainsi ravivé des souvenirs perdus !
Non, le temps me manque , tout simplement.
Plus les ans passent, plus je suis sollicité pour effectuer des travaux de recherches liés à mon état de musicologue, de crainte sans doute, que je m'en aille avant d'avoir vidé mon sac mnémonique ou ma boite à Pandore (sans l'Espérance). Et je n'ai plus le temps de me remémorer mes jeunes années.....
Pourtant, depuis un mois, des événements ont fait émerger dans ma mémoire figée, des amis de naguère, oubliés, des actes éphémères sortis de mon esprit depuis longtemps. Je me suis aperçu récemment que des noms perdus pouvaient resurgir brusquement, en un instant aussi fugace qu'inattendu.
Ainsi, à l'Académie Nationale de Metz, mon confrère Ferdinand Stoll a prononcé récemment une communication sur le Théâtre du Peuple de Bussang. Pendant qu'il parlait, des images défilaient dans ma tête et lorsqu'il évoqua la fosse d'orchestre que Maurice Pottecher avait fait construire vers 1929, il y eut un déclic dans ma mémoire.
C'est durant l'été de 1948, chaque dimanche, qu'avec quelques amis de la classe de musique de chambre du conservatoire de Nancy, nous fûmes engagés au Théâtre du Peuple pour interpréter des quatuors entre les actes et les tableaux de la pièce de Maurice Pottecher, jouée et mise en scène par Pierre Richard-Wilm, avec Edwige Feuillère.
J'ai retrouvé le nom de cette comédie :"Mélusine et son mystère". Nous intervenions souvent, car cette pièce est écrite en 3 actes et 10 tableaux. Plusieurs amis de la classe de diction jouaient également sur scène, André Weber, Yvon Prévot et surtout Jacques Maginot, lequel fera partie de la troupe pendant plusieurs décennies.
Je me souviens de mon émoi en rencontrant Pierre Richard-Wilm, héros du film Le Comte de Monte-Christo, qui avait tant bouleversé mon enfance. Mon émoi se transforma en admiration lorsque je l'entendis jouer au piano : c'était tout simplement sublime. Quel artiste ! oublié lui aussi...
Merci, Monsieur Ferdinand Stoll d'avoir ainsi ravivé des souvenirs perdus !
mardi 13 septembre 2011
Ce qui se passa à Metz ce jour-là....
Plusieurs journaux, dont le Républicain Lorrain, ont demandé à certains de leurs lecteurs, ce qu'ils faisaient le 11 septembre 2001, au moment du lâche assassinat de New-York.
On ne m'a rien demandé, mais je vais néanmoins le dire.....
L'après-midi du mardi 11 septembre, je suis allé à l'Arsenal pour saluer Emmanuel Krivine, que je n'avais plus rencontré depuis quelques années. L'ancien directeur de la Philharmonie de Lorraine dirigeait ce soir-là, l' Orchestre Français des Jeunes, avec en soliste, Jean-Yves Thibaudet. Ne pouvant m'y rendre, je suis allé assister à la répétition.
A la pause, je me suis approché du chef d'orchestre, lequel, en m'apercevant, s'exclama avant même de me saluer : "Ah! Monsieur Rose ! Vous connaissez les Twin Towers ? Et bien elles n'existent plus ! Elles ont été anéanties !...." Il était bouleversé.... Je n'avais jamais vu Emmanuel Krivine ému à ce point....
Il avait appris l'événement à la radio, dans sa voiture, en se rendant à l'Arsenal. C'est lui qui m'a révélé l'horrible nouvelle que je ne connaissais pas encore....
J'ai su que le concert du soir fut remarquable, avec la Symphonie fantastique et le concerto de Ravel.
Cela n'a rien à voir avec ce drame, mais savez-vous que l'avant-veille, dimanche 9 septembre, le célèbre mezzo-soprano Karine Deshayes a remporté au Théâtre de Metz, le 1r Prix du Tournoi international des Voix d'Or, prélude à la brillante carrière qu'elle effectue aujourd'hui, dont l'apogée fut la Victoire de la Musique classique 2011 ?
On ne m'a rien demandé, mais je vais néanmoins le dire.....
L'après-midi du mardi 11 septembre, je suis allé à l'Arsenal pour saluer Emmanuel Krivine, que je n'avais plus rencontré depuis quelques années. L'ancien directeur de la Philharmonie de Lorraine dirigeait ce soir-là, l' Orchestre Français des Jeunes, avec en soliste, Jean-Yves Thibaudet. Ne pouvant m'y rendre, je suis allé assister à la répétition.
A la pause, je me suis approché du chef d'orchestre, lequel, en m'apercevant, s'exclama avant même de me saluer : "Ah! Monsieur Rose ! Vous connaissez les Twin Towers ? Et bien elles n'existent plus ! Elles ont été anéanties !...." Il était bouleversé.... Je n'avais jamais vu Emmanuel Krivine ému à ce point....
Il avait appris l'événement à la radio, dans sa voiture, en se rendant à l'Arsenal. C'est lui qui m'a révélé l'horrible nouvelle que je ne connaissais pas encore....
J'ai su que le concert du soir fut remarquable, avec la Symphonie fantastique et le concerto de Ravel.
Cela n'a rien à voir avec ce drame, mais savez-vous que l'avant-veille, dimanche 9 septembre, le célèbre mezzo-soprano Karine Deshayes a remporté au Théâtre de Metz, le 1r Prix du Tournoi international des Voix d'Or, prélude à la brillante carrière qu'elle effectue aujourd'hui, dont l'apogée fut la Victoire de la Musique classique 2011 ?
lundi 15 août 2011
Lohengrin trahi à son tour...
Hier soir j'ai voulu écouter et voir Lohengrin à la télévision. Quelle déception.....
J'ai toujours cru que cet opéra était un drame mystique que j'ai admiré jadis à Bayreuth, dans une mise en scène de Wieland Wagner ; mais monsieur Hans Neuenfels m'a démontré que j'avais tort, et avec moi d'innombrables admirateurs de Richard Wagner.
Ce metteur en scène est certainement un être supérieur, pour se permettre de corriger ainsi l'oeuvre géniale du compositeur allemand ; ou bien est-il un créateur au talent incommensurable.... mais alors pourquoi ne produit-il pas ses propres chefs-d'oeuvre au lieu de dénaturer ceux des autres ?
Lorsque, en août 1972, j'ai interviewer Wolfgang Wagner, petit-fils de Richard, pour le Républicain Lorrain, je lui avais posé cette question :
Votre conception scénique du Ring, après avoir étonné le monde, n'a-t-elle pas relancé les interprétations de la pensée de Richard Wagner ?
Le directeur du Festspiel de Bayreuth m'avait répondu :
Richard Wagner a expliqué toute sa mise en scène dans ses ouvrages. Mais il ne faut pas se contenter de lire les mots, il faut envisager les idées de base de la parole du compositeur.
La conception scénique de Wolfgang se plaçait dans l'esprit du créateur, utilisant adroitement la lumière, les projections et le mécanisme moderne des transformations visuelles, tout en respectant l'aspect des personnages, leurs gestes et leur action.
Son frère Wieland avait agit de même avec son Lohengrin quelques années auparavant.
Monsieur Hans Neuenfels transforme tout : les personnages, dont certains deviennent clownesques ; il caricature les choeurs en les affublant de costumes carnavalesques représentant de gros rats dont on se demande ce qu'ils font là, et utilise un gestuel sans rapport avec l'action première de l'oeuvre.
Et, pour couronner le tout, que vient faire cet horrible foetus remplaçant le jeune duc de Brabant à la fin de l'oeuvre ?
Chereau m'a fait fuir Bayreuth, ce n'est pas Neuenfels qui m'y ramènera......
J'ai toujours cru que cet opéra était un drame mystique que j'ai admiré jadis à Bayreuth, dans une mise en scène de Wieland Wagner ; mais monsieur Hans Neuenfels m'a démontré que j'avais tort, et avec moi d'innombrables admirateurs de Richard Wagner.
Ce metteur en scène est certainement un être supérieur, pour se permettre de corriger ainsi l'oeuvre géniale du compositeur allemand ; ou bien est-il un créateur au talent incommensurable.... mais alors pourquoi ne produit-il pas ses propres chefs-d'oeuvre au lieu de dénaturer ceux des autres ?
Lorsque, en août 1972, j'ai interviewer Wolfgang Wagner, petit-fils de Richard, pour le Républicain Lorrain, je lui avais posé cette question :
Votre conception scénique du Ring, après avoir étonné le monde, n'a-t-elle pas relancé les interprétations de la pensée de Richard Wagner ?
Le directeur du Festspiel de Bayreuth m'avait répondu :
Richard Wagner a expliqué toute sa mise en scène dans ses ouvrages. Mais il ne faut pas se contenter de lire les mots, il faut envisager les idées de base de la parole du compositeur.
La conception scénique de Wolfgang se plaçait dans l'esprit du créateur, utilisant adroitement la lumière, les projections et le mécanisme moderne des transformations visuelles, tout en respectant l'aspect des personnages, leurs gestes et leur action.
Son frère Wieland avait agit de même avec son Lohengrin quelques années auparavant.
Monsieur Hans Neuenfels transforme tout : les personnages, dont certains deviennent clownesques ; il caricature les choeurs en les affublant de costumes carnavalesques représentant de gros rats dont on se demande ce qu'ils font là, et utilise un gestuel sans rapport avec l'action première de l'oeuvre.
Et, pour couronner le tout, que vient faire cet horrible foetus remplaçant le jeune duc de Brabant à la fin de l'oeuvre ?
Chereau m'a fait fuir Bayreuth, ce n'est pas Neuenfels qui m'y ramènera......
lundi 8 août 2011
Le Caveau des Trinitaires.....
Ce matin, j'ai retrouvé une grande enveloppe emplie d'anciennes coupures de presse.
Parmi elles, un article du RL du jeudi 6 juillet 1972 m'a rappelé l'inauguration du Caveau des Trinitaires par son nouveau directeur, Pierre-Frédéric Klos, laquelle s'était déroulée la veille ou l'avant-veille.
Pierre-Frédéric avait prévu, pour l'occasion, une partie musicale et une pièce de théâtre, adaptées toutes deux à cet endroit bien particulier, un mur romain dans la descente d'escalier et une cave voûtée un peu plus tardive...
Animateur de l'Ensemble dramatique de Metz, il choisit de représenter "Il était une fois un bourreau", pièce peu connue du surréaliste René Laporte. Ce conte intemporel et sans âge s'accommoda fort bien des costumes Renaissance portés par les acteurs.
Pour la partie musicale qui devait débuter la soirée, Pierre-Frédéric pensa au nouveau groupe de musique du Moyen-Âge et de la Renaissance que j'avais créé l'année précédente, au sein de mon ensemble Les Instruments Anciens de Lorraine.
Cette formation regroupait quelques-uns de mes élèves, des amis, dont un Nancéien. Pour eux j'avais acquis des flûtes à bec, des cromornes, même des costumes ; le facteur d'orgues Haerpfer m'avait construit un instrument positif à tuyaux de 36 notes, sur un modèle ancien, et que je possède encore.....
Mes jeunes disciples étaient emplis d'enthousiasme devant le succès qu'ils remportaient grâce à leur talent. Quelques jours auparavant, ils avaient interprété le "Mystère de Saint-Fiacre" sur le parvis de la Cathédrale de Metz et dans la cour de l'Evêché de Meaux, avec le Madrigal d'Ile-de-France de Hélène Henriet et Jean-François Fabe, et la semaine suivante nous partions pour une tournée de quinze jours en Haute-Franconie.
Entre temps nous avons inauguré le Caveau des Trinitaires de Metz......
Par la suite, la rencontre de Pierre-Frédéric Klos et de Jean-Roger Caussimon a donné une autre direction à la programmation du Caveau et promu celui-ci à une notoriété internationale. La présence à Metz des "grands" de la chanson française intelligente a donné raison à celui qui fut lamentablement abandonné en 2003....... et en mourut peu de temps après.....
Mais soyons joyeux, la musique ancienne revient aujourd'hui au Caveau des Trinitaires avec le talentueux Concert Lorrain. Alleluia !
Parmi elles, un article du RL du jeudi 6 juillet 1972 m'a rappelé l'inauguration du Caveau des Trinitaires par son nouveau directeur, Pierre-Frédéric Klos, laquelle s'était déroulée la veille ou l'avant-veille.
Pierre-Frédéric avait prévu, pour l'occasion, une partie musicale et une pièce de théâtre, adaptées toutes deux à cet endroit bien particulier, un mur romain dans la descente d'escalier et une cave voûtée un peu plus tardive...
Animateur de l'Ensemble dramatique de Metz, il choisit de représenter "Il était une fois un bourreau", pièce peu connue du surréaliste René Laporte. Ce conte intemporel et sans âge s'accommoda fort bien des costumes Renaissance portés par les acteurs.
Pour la partie musicale qui devait débuter la soirée, Pierre-Frédéric pensa au nouveau groupe de musique du Moyen-Âge et de la Renaissance que j'avais créé l'année précédente, au sein de mon ensemble Les Instruments Anciens de Lorraine.
Cette formation regroupait quelques-uns de mes élèves, des amis, dont un Nancéien. Pour eux j'avais acquis des flûtes à bec, des cromornes, même des costumes ; le facteur d'orgues Haerpfer m'avait construit un instrument positif à tuyaux de 36 notes, sur un modèle ancien, et que je possède encore.....
Mes jeunes disciples étaient emplis d'enthousiasme devant le succès qu'ils remportaient grâce à leur talent. Quelques jours auparavant, ils avaient interprété le "Mystère de Saint-Fiacre" sur le parvis de la Cathédrale de Metz et dans la cour de l'Evêché de Meaux, avec le Madrigal d'Ile-de-France de Hélène Henriet et Jean-François Fabe, et la semaine suivante nous partions pour une tournée de quinze jours en Haute-Franconie.
Entre temps nous avons inauguré le Caveau des Trinitaires de Metz......
Par la suite, la rencontre de Pierre-Frédéric Klos et de Jean-Roger Caussimon a donné une autre direction à la programmation du Caveau et promu celui-ci à une notoriété internationale. La présence à Metz des "grands" de la chanson française intelligente a donné raison à celui qui fut lamentablement abandonné en 2003....... et en mourut peu de temps après.....
Mais soyons joyeux, la musique ancienne revient aujourd'hui au Caveau des Trinitaires avec le talentueux Concert Lorrain. Alleluia !
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